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Houssem Loussaief : "Il n’y a qu’en s’amusant que la tâche devient un plaisir

Il a eu la gentillesse de nous accorder quelques minutes de son temps. Houssem Loussaief journaliste de premier choix au sein du service de RMC Sports, n'oublie pas d'où il vient et affiche même sa fierté d'avoir grandi à Evry. Une ville qui l'aura fait vivre de formidables moments et de rencontrer de très belles personnes dont la majorité se trouvant encore au sein du Evry FC.


Bonjour Houssem, pour commencer peux-tu revenir sur ton passé dans le football et nous évoquer les liens que tu entretiens et que tu as entretenu avec le club ?


"Je suis un Evryen pure souche, tout simplement (rires). Evry a une part importante dans ma vie, c’est dans cette ville que mes yeux se sont ouverts, dans cette ville que mon amour pour le football est né et dans cette ville que j’ai pu connaître des femmes et des hommes que je considère aujourd’hui comme ma propre famille.

En ce qui concerne le club, je suis un pur produit de la formation évryenne. J'ai eu ma première licence à 8 ans; Mamadou Sakho encore au club était déjà mon entraîneur. Les prémices du ballon rond ont été avec lui. D’ailleurs, ma première licence m’a été offerte par Khalid Mahroug et rien que pour ça je lui en saurai à jamais reconnaissant.

Je fais partie de ceux qui ont porté les couleurs des deux Evry (AS Evry et VESC). J’ai remporté des trophées avec les deux clubs et c’est aujourd’hui mon petit patrimoine à moi (rires).

J’ai essayé de porter fièrement et de la manière la plus haute possible la science du football apprise à Evry jusqu’à ce que les « fameux ligaments croisés » me rattrapent (rires)…

Comme beaucoup de personnes au Evry FC, le football m’a aussi éduqué. Sans le foot qui sait ce que nous aurions pu devenir et c’est bien là la qualité principale d’un club comme le notre. Oui je dis le notre parce que ça restera à jamais mon club."


Pour nos lecteurs, peux-tu revenir sur ton cursus professionnel et ainsi décrire le poste que tu occupes aujourd'hui ?


"Je suis un enfant de la ZEP. Aujourd’hui ça ne s’appelle plus comme ça mais je suis un enfant des milieux modestes, étant passé par l'école primaire et le Collège à Evry, puis par le Lycée à Corbeil-Essonnes, avant de revenir à Evry à l'Université. Je suis toujours resté dans le coin. Peut-être qu’inconsciemment ça me permettait d’aller encore m’entraîner. Après des études d’Histoire, où je suis allé jusqu’au Master, j’ai décidé de me lancer dans un Master de Journalisme. Un milieu bien lointain de mon quotidien à l’époque mais qui concordait avec ma passion du sport et du football en particulier. Quitte à ne pas faire carrière dans le foot au temps essayer de vivre du sport (rires).

Aujourd’hui et depuis maintenant 5 ans je suis journaliste plurimedia à RMC Sport. Je suis à la fois présent à la radio, à la télé et aussi sur ce qu’on appelle le Digital. Et parfois je fais du reportage pour me rendre sur le terrain."


Quelles sont les personnes présentes au club avec lesquelles tu as gardé contact ? Peux-tu nous en dire plus sur celles-ci ?


"J’essaye de m’y rendre très souvent. Il y a des personnes qui m’y sont chers. Les frères Touré (Soma et Daouda) sont mes frères aussi. Je suis le dernier Touré de la amille (rires). Raphael Monrose est un emblème de ce club. Je l’ai toujours connu président, c’est lui qui me reprenait quand j’étais petit et ronchon sur le terrain. Donc dès que je peux, je passe le voir. Il y a Mohamed Lemba dont je suis aussi très proche. J’ai été son capitaine et je lui ai fait gagner son premier trophée en tant qu’entraîneur (rires). C’est un coach extraordinaire et un homme avec une âme très pure. Tout ce qu’il faut pour la fonction, il sait manier le fond et la forme. Et je peux te citer un paquet de personnes encore présentes au Evry FC comme Pascal Lavin, Franck, Valérie, Mohamed Boujardine, Lamine, Taoulin, Bazou, Moussa, Malamine, Nazouam, Carl. Ce sont des personnes que j’affectionne…

Je suis désolé mais je vais sûrement en oublier quelques uns… En les citant, je me rends compte qu’on peut être fiers d’avoir aujourd’hui des membres actifs émanant de la ville. C’est une richesse."


Que penses-tu du vivier de jeunes joueurs dont la ville d'Evry et ses alentours peut bénéficier ?


"Evry en particulier et son agglomération de manière générale a toujours eu un vivier incroyable. Le football de proximité a toujours été fort. Très tôt dans les catégories d’âge on se retrouve au club mais aussi dans les gymnases de la ville. Ce processus augmente la passion et accélère l’apprentissage. Avec l’expertise recherchée, les jeunes sont aujourd’hui entre de meilleures mains. Les éducateurs sont eux-mêmes à l’affût des enseignements bonifiés pour accompagner les jeunes talents dans leur passion puis plus loin si l’occasion se présente. J’insiste beaucoup sur la passion parce qu’avec l’industrialisation du football on a tendance à oublier qu’on « joue » au foot quand on est gamin."


Le club a choisi d'axer son projet sur la formation et la pré-formation. Cela consiste à accompagner l'enfant dans toute sa progression en construisant des liens privilégiés entre les petits et les éducateurs de façon à les emmener le plus haut possible. Quel est ton avis là-dessus ?


"C’est pour moi la stratégie la plus adéquate pour une ville comme Evry. Une ville jeune aux problèmes tout aussi nouveaux. Dans un souci de réussite sociale, il est nécessaire de se construire dans un projet auprès des plus jeunes, l’accompagnement se fera ensuite plus facilement.

D’un point de vue sportif, l’enfant a besoin de repères et d’un cadre bien défini pour qu’il puisse profiter de chaque instant. Nous avons à Evry, des éducateurs qui connaissent le contexte et les problématiques de chaque enfant… Ils seront à même d’instaurer le dialogue et les outils nécessaires pour l’émancipation du jeu et de ses règles… Lorsque l’exigence est importante mais qu’elle est traitée en amont, rien ne pourra rompre le lien entre les éducateurs et les jeunes."


Si tu devais passer un message aux jeunes talents de notre club, que leurs dirais-tu ?


"Il y a un discours très général où on entend souvent dire qu’il faut travailler. Ce discours est d’une véracité profonde. Un talent sans travail ne reste majoritairement qu’un talent. Il faut avoir la volonté d’approfondir son potentiel au quotidien. Grâce à mon métier j’ai pu échanger avec certains des meilleurs footballeurs de la planète et il y a un trait de caractère commun à tous : la volonté de répondre à des objectifs même à l’entraînement. Beaucoup m’ont dit qu’à chaque jour de la semaine, un nouvel objectif était fixé. Et c’est ce facteur qui sépare généralement le monde amateur du monde professionnel. Et pour finir je leur dirais et d’une manière assez classique « continuez de kiffer » il n’y a qu’en s’amusant que la tâche devient un plaisir."


De ton œil de journaliste aguerri, quelle est ta vision du football amateur et plus spécifiquement du football amateur francilien ?


"La réalité du football amateur d’il y a 10 ans n’est plus la même aujourd’hui. De nombreux clubs sont structurés à tous les étages et sur tous les aspects (économique, sportif, organisationnel). Aujourd’hui dans le circuit professionnel, on retrouve pas mal de joueurs sortis de centre de formation qui se sont relancés dans des clubs amateurs ce qui leur a permis de rebondir. Le foot francilien est la meilleure représentation du foot amateur à mon sens. Il suffit de voir qu’en Ligue des Champions, une vingtaine de joueurs sont issus de l’Ile de France, ça veut sûrement dire quelque chose sur le travail établi par les club de la région."


Le niveau entre les joueurs de Ligue 1 et ceux du monde amateur (National, CFA, CFA2,...) s'est considérablement rapproché. Est-ce un effet tardif de l'arrêt Bosman ?


"Je ne sais pas si c’est directement lié à l’arrêt Bosman, mais il est vrai que même dans le monde amateur on voit beaucoup de flux de joueurs venant des quatre coins du monde. Moi je pense qu’au-delà des transferts, le monde amateur a su tirer profit de sa pépinière. Les clubs misent beaucoup sur des jeunes talents à fort potentiel des environs. L’exigence est aujourd’hui différente. Les joueurs des divisions citées ont le quotidien à 80% d’un joueur professionnel."


Pour finir, si tu as un mot à rajouter, une pensée ou autre alors c'est le moment...


"Puisque la tribune m’est autorisé, j’aimerais avoir une pensée pour tous les éducateurs du Evry FC qui essayent chaque jour de rendre meilleur le quotidien des enfants du club…

J’aimerais avoir une pensée aussi pour les terrains stabilisés (Ex-Jean-Louis Moulin et Thoison) qui ont ruiné mes genoux et mes cuisses (rires).

J’aimerais avoir une pensée pour un personnage comme il y en a peu, Bernard Mercadal dit Bebert.

Et enfin je finis avec ma pensée la plus profonde à Deshy Mboussa, notre petit frère à tous.

Vive le Evry FC"

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